Festival de Cannes 2021

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Ce qu’il faut savoir avant de se pointer à cette 74e édition qui sent bon la nouveauté

Un président à l’affiche

Après plusieurs années très colorées, le noir et blanc est de retour avec cette belle affiche qui met la ville d’accueil du festival à l’honneur avec les palmiers et les mouettes. La tête à casquette du président Spike Lee apparaît (c’est une photo d’une pub Nike). Il devait présider l’édition 2020 et c’est tout à son honneur d’assurer en 2021. Ce n’est pas un cinéaste conventionnel, plutôt du genre militant, aussi son regard est déjà une belle promesse sur le palmarès. Son dernier passage à Cannes date de 2018 où il avait fait son grand retour avec « BlacKkKlansman : j’ai infiltré le Ku Klux Klan » pour lequel il avait reçu le Grand prix, présidé alors par Cate Blanchett.

Le Spike jury

Pour le seconder dans sa tâche, le Festival est allé faire son marché dans l’édition 2019 avec les réalisateurs/trices Kleber Mendonça Filho (Bacurau), Mati Diop (Atlantique), Jessica Hausner (Little Joe) et le comédien Song Kang-Ho (Parasite) tous les 4 présents en compet’ 2019. On y ajoute une pincée d’actrice américaine (Maggie Gyllenhaal), une touche de frenchie multi cartes (Mélanie Laurent), un soupçon d’acteur français (Tahar Rahim) et on saupoudre le tout avec une star de la chanson dont les clips lui ont permis de travailler avec de grands réalisateurs et photographes, Mylène Farmer. 8 noms : 5 femmes et 3 hommes. Le Festival voudrait il rattraper le temps perdu ou lancer une offensive 50/50 inversée ? 😉

Film d’ouverture

Autre retour sur la Croisette : celui de Leos Carax avec « Annette » qui permettra à son actrice Marion Cottillard d’être présente à Cannes, comme chaque année ! Le délicieux Adam Driver lui tiendra le bras, il avait déjà ouvert le précédent festival avec le « Dead don’t die » de Jarmush. J’ai hâte de découvrir ce film musical, genre auquel le réalisateur de Holly Motors voulait s’essayer depuis longtemps. D’ailleurs, le saviez-vous ? « Les amants du Pont Neuf » aurait dû être musical et Carax devait collaborer avec, excusez du peu, Michel Legrand, Michel Portal, les Rita Mitsouko ou Léo Ferré. Bon l’aventure du film a pris les détours que l’on connaît. C’est grâce au groupe les Sparks, qui ont proposé l’idée d’ « Annette » que Carax s’est laissé embarquer dans le genre, enfin ! Pas mal de cinémas vont le projeter à l’issue de la cérémonie d’ouverture, mettez votre tenue de soirée et filez donc au cinéma !

Film de clôture

Réjouissance de fin de festival : l’avant-première du nouvel épisode des aventures d’Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117, toujours interprété par Jean Dujardin, et avec dans cet opus Fatou N’Diaye, Pierre Niney, Natacha Lindinger (j’adore !) et Wladimir Yordanoff. Les deux premiers films, OSS 117 : Le Caire, nid d’espions (2006) et OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) ont été réalisés par Michel Hazanavicius. Cette fois c’est Nicolas Bedos qui signe  la réalisation d’après un scénario toujours signé Jean-François Halin. Bedos avait déjà eu les honneurs d’une avant-première dans le grand auditorium en mai 2019 avec « La belle époque » avec Daniel Auteuil, Guillaume Canet et Doria Tillier, qui succèdera cette année à Edouard Bear en maitresse de cérémonie. Bref, on reste en famille !

Caméra d’or

C’est après la Palme d’or le plus beau prix du Festival puisqu’il récompense, depuis 1978, un premier film. C’est Mélanie Thierry et son jury qui auront la délicate tâche de visionner 31 films pour trouver la perle rare parmi les 10 premiers présents en Sélection officielle (dont celui de Noémie Merlant), les 11 présents à la Semaine de la critique (dont celui de Sandrine Kiberlain) et les 10 présents à la Quinzaine des réalisateurs (dont celui de Luana Bajrami). Verdict le 17 juillet lors de la cérémonie de clôture.

Le cinéma de la plage

C’est la plus belle salle de cinéma de Cannes, car elle est au bord de l’eau et que l’écran s’allume après que le soleil se soit couché derrière l’horizon. L’entrée est ouverte à tous et chacun peut regarder le film dans son transat, les pieds enfoncés dans le sable doux. On a encore en tête les Nuls venus présenter « La cité de la peur » sur la scène en plein air, à Cannes, là où le film a été tourné et où chaque cannois se doit de connaître les répliques devenues cultes… ainsi que la chorégraphie de la Carioca. En 2019, Chabat et Darmon avaient rejoué la scène pour le plus grand plaisir des spectateurs (à revoir ici pour le pur plaiz’). Cette année, à part l’avant-première de « Fast and furious 9 » (9 ? allo quoi !) dont je me fous complètement, je me laisserai bien séduire par « In the mood for love » avec le bruit des vagues ou encore par Jean-Pierre Jeunet qui viendra présenter Amélie Poulain, film que j’aime d’amour pour l’éternité ! Le reste de la prog, qui est très bien, c’est par là

Erratum

J’ai dit que le « ciné de la plage » était la plus belle salle de cinéma… mais ce n’est pas vraiment une salle. La plus belle salle de cinéma de Cannes a de fortes chances de se trouver à La Bocca, à quelques kms à vol d’oiseau du Palais. A Cannes se joue la conquête de l’ouest cannois avec l’ouverture prochaine du plus moderne des multiplexes de l’Hexagone, le Cinéum. Le bâtiment impressionnant avec toutes ses facettes de béton (marque de fabrique de son architecte, Rudy Ricciotti) offrira 12 salles supplémentaires à la ville du cinéma. 12 salles de taille différentes (soit 2450 fauteuils) qui proposeront de véritables expériences cinéma inédites à la pointe des technologies de projection. Des séances auront lieu durant le Festival toutes sélections confondues. J’attends avec impatience son ouverture officielle et celle qui me permettra d’user de mon ticket d’or, un peu comme celui de Charlie Buckett le petit garçon de Charlie et la chocolaterie, que j’ai gardé précieusement depuis la pose de la première pierre. Aller le découvrir pendant le Festival est une évidence, ne serait-ce que pour découvrir le plus grand écran de la Côte d’Azur. Une navette, gratuite pour les accrédités (lire plus bas), vous y conduira en deux deux !!

Et la sélection ?

Je pourrai vous citer tous les films sélectionnés et ça n’aurait aucun intérêt. Vous pouvez tout de même les retrouver ici. On a du beau monde : Ozon, Nanni Moretti, Wes Anderson, Jacques Audiard, Bruno Dumont, Nabil Ayouch, Sean Penn, Paul Verhoeven (avec son Benedetta déjà prévu l’an passé)… des femmes ? Catherine Corsini, Mia Hansen Love !

Et puis il y aura tous les films dont on ne connaît pas le nom des réalisateurs et qui vont peut-être faire une entrée fracassante dans notre panthéon personnel. C’est ce qu’il y a de plus excitant dans ce festival. Alors faites comme moi jetez-vous sur la grille des projections (ici) et mettez des gommettes sur celles que vous me voulaient rater sous aucun prétexte et après le « petit bonheur la chance » fera les reste pour vous mettre dans la bonne file d’attente. Je suis déjà excitée comme une puce pour 2 séances de minuit : celle de « Tralala » dernier film des frères Larrieu (avec Amalric), le docu de Tood Haynes sur le Velvet underground. Et vous ?

Les files d’attente risquent d’être maigrichonnes si on en croit le dispositif de cette année sanitairement « compliquée » : les séances seront accessibles avec billet numérique ce qui n’était pas le cas habituellement. Il n’y aura pas la foule des grands jours ni le rituel très cannois des amoureux du cinéma sans billet qui affichent leur pancarte pour tenter de glaner une invitation (la file dernière minute devrait être maintenue au moins au TGA).  On risque de passer du temps sur la billetterie en ligne car les réservations ne peuvent se faire, au plus tôt, 2 jours avant la séance. Décidément ce Festival aura un goût de nouveauté. Il faudra montrer en plus de son badge et de son billet virtuel, un pass sanitaire prouvant la vaccination ou un test PCR récent. Youpi !

Vers un Festival plus vert

L’appel de Cyril Dion a été entendu. Le festival se veut plus respectueux de l’environnement. Les accrédités l’ont appris dès leur demande de badge avec une participation financière tout nouvelle (autour de 25€) pour financer cette politique écologique. On évoque :
– une flotte de véhicules officiels à 60% électrique (pourquoi pas 100% avec un partenaire comme Renault ?)
– la gratuité des transports en commun de la ville pour chaque accrédité grâce à un QR code perso.
– la suppression des bouteilles plastiques (le festival conseille aux accrédités d’avoir une gourde et de la remplir aux fontaines présentes partout dans le palais)
– la baisse de 50% des impressions papier ainsi la billetterie est entièrement numérique (toutes sections confondues) tout comme beaucoup d’autres publications notamment celles destinées aux journalistes. On pourra acheter le catalogue dans les boutiques officielles (20 €).
– Utilisation des produits locaux et de saison privilégiée (enfin !) pour la restauration.
On peut compter sur Mélanie Laurent, membre du jury, pour avoir l’œil sur toutes ces mesures mises en place.

Allez, bon festival les amis ! Tchitchaaaaa !

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